La réponse à ces questions se trouve en grande partie dans nos habitudes de vie. Que l’on pense seulement à l’alimentation, à l’activité physique ou aux pratiques sexuelles. Ajoutons à cela les pratiques qui mènent plus fréquemment à une dépendance telles que le tabagisme, l’usage de drogues, la consommation d’alcool ou le jeu compulsif.
À elles seules, trois habitudes de vie – la mauvaise alimentation, l’inactivité physique et le tabagisme – contribuent même à réduire notre durée de vie. Elles sont en effet en cause dans la majorité des décès liés aux maladies cardiovasculaires et au diabète et dans le tiers de ceux liés au cancer. Compte tenu de leurs conséquences sur la santé, autant physiques que mentales, l’amélioration des habitudes de vie constitue un défi majeur pour l’avenir de notre société.
Au cours des dernières décennies, les habitudes de vie ont subi des bouleversements en raison d’importants changements survenus dans notre mode de vie. Des liens sociaux moins solides, privant parfois l’individu du soutien protecteur de ses proches, des occupations de plus en plus sédentaires, un engouement pour le prêt-à-manger et la restauration rapide, une utilisation accrue de l’automobile, une grande automatisation des tâches domestiques, bref tout un ensemble de facteurs qui sont venus modifier en profondeur nos façons de vivre.
Ces transformations reflètent bien le rôle des progrès technologiques, des changements sociaux et des décisions publiques dans le façonnement des habitudes de vie. L’individu n’est pas seul responsable de son état de santé. Corriger les comportements individuels ne suffit pas ! La réalité est plus complexe qu’on ne le croyait à première vue. Il faut donc travailler sur plusieurs fronts et dans l’ensemble de la société.
Actuellement, les chercheurs tentent de comprendre ce qui mène à l’adoption et au maintien d’habitudes néfastes pour la santé... afin d’agir sur la mise en place d’habitudes plus saines. Ils se penchent, par exemple, sur la meilleure façon d’aménager les villes pour favoriser l’activité physique, sur les solutions à la malbouffe, sur les moyens à prendre pour donner de bonnes habitudes alimentaires aux jeunes, sur les politiques qui permettront de réduire encore plus l’habitude du tabac, sur les mesures pour inciter à une consommation modérée d’alcool.
Les nouvelles approches pour étudier les habitudes de vie portent donc à la fois sur les comportements et sur la façon dont l’environnement – aussi bien physique que social – influence ces comportements.
Accro à la malbouffe ?
Enfilade d’établissements de restauration rapide le long des grandes artères. Machines distributrices de boissons gazeuses dans les entrées des édifices. Émissions de télévision sans cesse entrecoupées de publicités d’aliments tous plus caloriques les uns que les autres. Nous sommes quotidiennement incités à manger plus et bien au-delà de nos besoins en énergie. Résultat : une alimentation hypercalorique, trop riche en sucre et en gras et le cortège des problèmes de santé qui s’ensuivent.
Manger trop et mal rend souvent malade : croissance alarmante des taux d’obésité et de diabète, de l’hypertension et de problèmes arthritiques. Le nombre de décès attribuables à l’embonpoint et à l’obésité a presque doublé au Québec au cours des quinze dernières années. Le problème a pris tellement d’ampleur que l’Organisation mondiale de la santé n’hésite pas à parler d’épidémie mondiale.
C’est pourquoi les chercheurs de plusieurs disciplines conjuguent maintenant leurs efforts pour identifier les facteurs qui ont conduit à cette situation ainsi que les pistes de solutions visant l’adoption d’une alimentation plus saine.
Provenant de secteurs aussi divers que la nutrition, l’urbanisme, la sociologie, la santé publique et la psychologie, les chercheurs tentent de répondre à plusieurs questions. Quels facteurs influencent nos habitudes alimentaires ? Par quels moyens peut-on aider les gens à faire de meilleurs choix d’aliments ? Comment concevoir et promouvoir des environnements offrant des choix alimentaires plus sains ?
Des années envolées...en fumée !
Le tabagisme tue plus de 13 000 personnes chaque année au Québec. Même si le nombre de fumeurs a diminué de façon importante – un Québécois sur quatre fume en 2003 – c’est encore l’habitude de vie qui fait le plus de ravages. La cigarette fait encore aujourd’hui plus de victimes que l’alcool, les accidents de la route, les suicides et les homicides réunis. S’ils maintiennent leur habitude, la moitié des jeunes fumeurs mourront d’une maladie causée par le tabac et le quart d’entre eux verront leur vie réduite de 21 ans en moyenne – 21 ans envolés en fumée !
Le problème est inquiétant ! Chez les adolescents, l’habitude est plus marquée chez les filles ; ces futures mères risquent de compromettre la santé de leurs enfants en plus de la leur. Le tabac n’est pas nocif seulement pour celui qui fume. Les non-fumeurs sont aussi affectés, malgré eux, par la fumée secondaire et risquent d’en subir les conséquences allant de l’asthme au cancer.
Quelles seraient les politiques publiques les plus efficaces pour réduire encore davantage cette habitude nocive ? Les chercheurs de différentes disciplines se penchent sur la question.
Marcher, nager, bouger...c’est bon pour le moral et pour le corps !
L’inactivité physique continue à gagner du terrain malgré tous les messages incitant à mener une vie plus active. Même chez les jeunes qui prennent très tôt les mauvais plis de leurs aînés ! Selon certaines recherches, seulement 38 % des adolescents canadiens sont suffisamment actifs. Avec le résultat que l’obésité progresse beaucoup plus vite chez les jeunes que chez les adultes. Ils sont moins nombreux à aller à l’école à pied et leurs loisirs sont de plus en plus sédentaires : télévision, jeux virtuels et Internet laissent peu de temps pour aller jouer dehors.
Autre signal d’alarme : des experts prévoient que les jeunes d’aujourd’hui vivront moins longtemps que ceux des générations précédentes si rien n’est fait pour freiner l’épidémie actuelle d’obésité. Accroître le nombre d’heures d’activité physique à l’école et favoriser les déplacements à pied pour s’y rendre sont des solutions possibles que les chercheurs étudient. L’objectif est d’en arriver à ce que plus de jeunes bougent suffisamment pour être en bonne condition physique.