Un développement durable : comment y arriver ?

Le mode de vie des sociétés de consommation est-il compatible avec la gestion durable des ressources naturelles ? Comment peut-on conjuguer développement durable et prospérité économique dans un marché mondial de plus en plus compétitif ? Quels sont les impacts réels d’une exploitation intensive des forêts ou de l’eau potable, par exemple, sur les écosystèmes naturels ?

Au Québec, comme ailleurs dans le monde, la gestion des ressources naturelles est source de nombreux débats. La forêt, l’eau potable, les terres arables, les stocks de poissons, les mines, la gestion des déchets, la biodiversité sont au coeur d’enjeux cruciaux pour l’avenir de notre société. En effet, tous soulèvent la question d’un développement qualifié de durable, c’est-à-dire qui répond aux besoins du présent sans compromettre la possibilité de satisfaire ceux des générations futures.

Dans cette perspective, une gestion optimale des ressources ne nécessite rien de moins que d’éliminer les modes de consommation et de production non durables dans notre société. Ce changement de cap passe par la réduction à la source, la valorisation et la restauration des ressources. Il suppose également l’utilisation de procédés plus efficaces et de technologies propres.

Au quotidien, cela devrait se traduire par des gestes concrets comme celui d’adopter de nouvelles habitudes de recyclage, d’éviter le gaspillage ou de privilégier l’achat des produits ayant peu d’impacts négatifs sur l’environnement. Quant aux entreprises, elles peuvent améliorer leurs procédés et créer de nouveaux produits qui exigent moins de ressources ou utilisent des matières résiduelles.

La transformation de nos manières de faire dans le respect de l’environnement et la volonté d’assurer la vigueur économique du Québec ainsi que le bien-être de sa population dépendent de notre capacité d’innover. La recherche scientifique et technologique est un puissant levier à cet égard, que ce soit en matière de valorisation de la biodiversité, de décontamination des sols, d’exploitation des résidus ou d’économie sociale, par exemple.

Des démarches de recherche sont en cours sur plusieurs fronts dans une optique de développement durable et il importe de continuer à faire progresser les connaissances pour aider le Québec à aller plus loin et éventuellement, à devenir un chef de file dans le domaine. Les chercheurs québécois de plusieurs disciplines ont développé désormais une excellente expertise, notamment en matière d’écologie, et ils travaillent déjà en ce sens.



La forêt, une ressource mise à rude épreuve

La forêt québécoise constitue une part importante des 20 % de forêts vierges encore présentes sur la planète. Au Québec, cette ressource occupe une place considérable sur le plan économique. L’industrie forestière représente en effet quelque 100 000 emplois directs. Pour plus de 150 municipalités du Québec, la transformation du bois constitue à peu de chose près la seule activité manufacturière.

Mais la forêt québécoise est en mauvais état. La publication en 2005 du rapport de la Commission d’étude sur la gestion de la forêt publique, dite commission Coulombe du nom de son président, le confirme : la forêt est surexploitée et mal gérée. Si l’on veut éviter une crise majeure, l’industrie devra apprendre à mieux utiliser la ressource, en misant, entre autres, sur des activités de deuxième et de troisième transformation.

La bonne santé des forêts est également tributaire d’une recherche dynamique, notamment sur leur gestion écosystémique (qui tient compte de l’ensemble des composantes de l’environnement), et de la diffusion des résultats aux intervenants forestiers.



L’eau, un enjeu vital

Il y a abondance d’eau sur notre planète, mais une infime proportion est disponible pour la consommation humaine sous forme d’eau douce. De plus, l’augmentation de la population mondiale, combinée à l’urbanisation et aux changements climatiques, font en sorte que cette eau douce est de plus en plus rare. On estime en fait que moins de 1 % de l’eau douce du monde est accessible pour les usages humains.

Le territoire québécois recèle 3 % des eaux douces renouvelables de la planète. Compte tenu de sa faible population, le Québec jouit de ressources en eau qui, par personne, sont parmi les plus élevées au monde. Le fleuve Saint-Laurent représente à lui seul 40 % des eaux douces renouvelables du territoire québécois. Mentionnons aussi que 45 % de la population du Québec consomme l’eau du fleuve Saint-Laurent.

Mais l’eau est le milieu naturel où le plus grand nombre de substances (minérales, organiques, liquides, solides ou gazeuses) peuvent se dissoudre et entrer en réaction. Nos sources d’eau sont donc vulnérables à toutes les formes de pollution, industrielles, agricoles ou urbaines. De plus, la contamination gagne une portion croissante des nappes phréatiques et souterraines. Les écosystèmes aquatiques sont parmi les plus à risque. Comme tout ce qui est rare et indispensable à la vie, l’eau est à l’origine de conflits entre différents usages et continue à faire l’objet de beaucoup de pressions. Cela explique que l’eau en tant que ressource essentielle préoccupe vivement de nombreux chercheurs, qui s’intéressent autant à sa gestion et son usage qu’à l’état des milieux aquatiques.


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