Le papier numérisé qui sera bientôt disponible est fait de plastique. On pourra l’utiliser au lit, dans le bus ou même dans la salle de bains... Il est souple et permet de lire les contenus numérisés comme on le fait avec l’ordinateur personnel, le téléphone portable ou le baladeur numérique. La netteté des images de ce papier est supérieure à celle des ordinateurs. Il se présente avec la texture et la brillance d’une feuille de papier et il sera réutilisable pratiquement à l’infini, sans compter que l’on pourra bien sûr mémoriser ce qui aura été saisi dessus. On n’arrête pas le progrès, dit-on ! Mais est-ce que le papier numérique, qui permettra éventuellement une économie de papier, constitue vraiment un progrès pour l’environnement, un « plus » pour le développement durable ?
« On peut se demander, à la lumière de l’analyse du cycle de vie, si le papier numérique peut être une solution pour réduire les émissions de gaz à effet de serre dans les secteurs de l’impression et des pâtes et papiers », s’interroge Jean-Sébastien Trudel, étudiant à la maîtrise à l’Université de Sherbrooke et chercheur au CIRAIG, le Centre interuniversitaire de recherche sur le cycle de vie des produits, procédés et services. Cette approche est un outil du développement durable qui permet d’étudier l’impact d’un produit ou d’un service sur l’environnement à tous les stades de son existence. »
En effet, l’analyse du cycle de vie a pour but de prendre en compte tous les aspects (environnemental, économique et social) propres à un produit ou à un service afin d’en réduire l’impact sur l’environnement et la société. Dans le cas du papier, par exemple, l’analyse du cycle de vie permet d’examiner la production et le transport, depuis la coupe du bois en forêt, sa transformation en pâte et en papier et sa distribution, jusqu’à sa réutilisation, sa récupération et son élimination en fin de vie.
« Le papier numérique est une technologie en plein développement. Il est important d’appliquer la même analyse du cycle de vie à ce support électronique, fait valoir monsieur Trudel. On sait que le papiel, comme toutes les composantes électroniques, est faite en plastique, donc à partir de pétrole, une ressource fossile non renouvelable. Il faut aussi tenir compte du fait qu’il consomme de l’énergie. En tablant sur l’analyse du cycle de vie, nous cherchons à améliorer les performances du produit pour l’ensemble de son cycle afin de le rendre plus vert, plus performant et plus facilement recyclable », explique Jean-Sébastien Trudel.
La question n’est peut-être pas de savoir si l’arrivée du papier numérique va permettre une économie de papier, mais plutôt s’il représente, au bout du compte, un véritable progrès pour l’environnement !
Pour en savoir plus :
Centre interuniversitaire de recherche sur le cycle de vie des produits, procédés et services
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