Selon cette étude menée sous la direction de l’Institut de la statistique du Québec, plus d’un bébé sur quatre (28 %) né en 1998 a vécu ses premiers mois dans une famille pauvre. « Nous avons pu observer que les enfants de familles pauvres étaient non seulement plus malades dès l’âge de 5 mois, mais à tous les âges étudiés à l’heure actuelle, soit jusqu’à 5 ans 1/2 », souligne la docteure Louise Séguin, chercheure principale pour le volet pauvreté-santé des enfants de l’ELDEQ et professeure au Département de médecine sociale et préventive de l’Université de Montréal. Le risque plus élevé de problèmes de santé auquel sont exposés les enfants vivant dans des familles pauvres est présent peu importe l’âge ou le niveau d’éducation de la mère. De surcroît, ces enfants sont plus nombreux à souffrir de plusieurs problèmes de santé.
« Les enfants qui vivent dans une famille pauvre ont plus de risques d’avoir des problèmes de santé aigus, des problèmes chroniques, en particulier des crises d’asthme, de connaître des hospitalisations et de cumuler plus d’un problème de santé, fait remarquer la docteure Séguin. Chez les enfants qui vivent dans un état de pauvreté chronique en bas âge, soit 18,5 % des enfants québécois de 3 ans 1/2, l’association entre pauvreté et problèmes de santé est encore plus forte que pour les enfants ayant connu une seule période de pauvreté depuis leur naissance. »
« De plus, un lien entre pauvreté et obésité apparaît chez les enfants à partir de 4 ans 1/2, note la chercheure. Le risque d’être obèse chez les enfants qui vivent dans un état de pauvreté chronique et dont la mère est obèse est beaucoup plus élevé que chez les enfants dont la famille n’est pas pauvre. »
Enfin, la santé générale des enfants qui viennent d’un milieu pauvre ou très pauvre est plus fragile dès leur naissance. « Lorsqu’ils sont pauvres dès leur venue au monde, le risque que les enfants continuent à avoir des problèmes de santé à l’âge adulte est plus grand, conclut la docteure Louise Séguin. Le problème vient principalement de ce que les familles pauvres manquent de ressources financières pour satisfaire même les besoins de base. Pour réduire les inégalités sociales en santé, il faudrait donc intervenir auprès des familles, très tôt dans la vie de ces enfants et, si possible, avant même leur naissance. »
Pour en savoir plus :
Institut de la Statistique du Québec, Étude longitudinale sur l’avenir d’une génération