Déterminer des priorités, une démarche difficile mais nécessaire

Tout le monde doit faire des priorités dans la vie courante, au travail, dans son budget... Puisque les ressources sont en général moins abondantes que les besoins à satisfaire, il faut donc faire des choix. Sur la base de quels critères doit-on faire ces choix et comment s’assurer qu’ils soient les plus judicieux ?

Comme les individus, les familles et les organisations, les gouvernements doivent aussi faire des choix. Quels sont les secteurs de la recherche, de l’économie ou de la formation qui soutiendront la croissance du Québec ? Quels sont les domaines prometteurs, soit les créneaux, où il importe d’investir dès maintenant pour assurer notre avenir ? Pour une société de petite taille comme la nôtre, il est crucial d’apporter des réponses à ces questions et d’établir des priorités. Encore doit-on le faire méthodiquement, en utilisant l’information et les outils adéquats.

Déterminer des créneaux prioritaires et stratégiques de développement n’est pas une tâche facile. L’intuition des décideurs peut jouer un rôle important, mais cela ne suffit pas. La complexité des problèmes exige une connaissance approfondie des dossiers et des méthodes pour évaluer correctement les options qui se présentent. De plus, dans les sociétés démocratiques, on tend de plus en plus à consulter les citoyens et à les faire participer à la prise de décision.

Et tout cela doit se faire en tenant compte de ce qui se passe ailleurs dans le monde. Il est indispensable en effet d’examiner la situation québécoise dans une perspective plus vaste. Le Québec s’insère dans des réalités canadiennes, nord-américaines et mondiales. Il exporte une très grande partie de sa production. Les chercheurs québécois sont en relations avec leurs collègues partout dans le monde. De plus, les défis que le Québec doit affronter sont souvent d’ordre planétaire, comme la question énergétique ou les problèmes liés à l’environnement, à la santé et à la sécurité internationale.

La recherche peut aider grandement à la prise de décision. Elle peut le faire de différentes façons. En dressant un état de situation le plus complet possible dans un domaine donné (un secteur industriel, par exemple), elle permet d’obtenir un portrait juste et fiable de la réalité. La recherche développe des méthodes pour mieux cibler les créneaux les plus prometteurs et convertir les priorités en actions. Ainsi, elle favorise l’adoption de démarches plus rigoureuses et adéquates. Plusieurs disciplines sont sollicitées par ce défi et doivent travailler de concert : sciences politiques, sciences de la gestion, économie, sociologie, sciences de l’éducation, mais aussi certaines branches des mathématiques, comme les statistiques et les probabilités.



La prospective en recherche

« FinnSight 2015 » est le plus récent projet de prospective lancé en Finlande, en 2005. Cet exercice, qui vise à étudier les facteurs en jeu dans l’évolution de la société, a réuni plus de 120 experts autour de 10 thèmes ayant une portée sociale et générale. Au total, plus de 80 champs d’expertise ont été ciblés pour accroître l’innovation et les avancées de la recherche et de la technologie finlandaises. Au terme de l’exercice, les experts finlandais ont déterminé cinq grandes priorités de recherche : la gestion des risques globaux, les questions d’énergie et d’environnement, le renouvellement du système de santé, les technologies de l’information et des communications et les applications en biosciences.

Geneviève Drolet, agente de recherche à la Direction de l’information stratégique et de la prospective du ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation du Québec, constate que « le fait de déterminer des priorités de recherche sur un horizon de 10 ou 15 ans constitue une tendance lourde qui interpelle la plupart des pays industrialisés. Ces exercices de prospective s’avèrent nécessaires dans le contexte actuel afin de se donner une vision à moyen terme. L’analyse des projets réalisés dans différents pays révèle que les priorités de recherche sont de plus en plus orientées vers les besoins de la société. » Entre autres, l’Allemagne (projet Futur), le Danemark (projet Innovation Accelerating Research Platforms) et l’Australie (projet National Research Priorities) ont utilisé des méthodes qui laissent une large place à la recherche de consensus et au dialogue entre les experts, la population et l’État. Ainsi s’assure-t-on que la science et la technologie sont au service du progrès et du mieux-être collectifs.


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